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Santé Tai Chi

Pourquoi faire du tai chi ?

Véritable méditation en mouvement, le tai chi chuan est aussi un art martial idéal pour cultiver son corps et son esprit. Dans cet article, je vous explique pourquoi faire du tai chi.

Peut-être êtes vous intrigué par la pratique du tai chi chuan ou que quelqu’un dans votre entourage (ou votre médecin) vous en a parlé ? Mais finalement, quelles sont les raisons de faire du tai chi ?

Les bienfaits médicaux du tai chi

Tout d’abord, il y a des raisons médicales objectives.

  • Réduit les risques de chute [1] grâce à un travail en profondeur sur le système locomoteur et l’équilibre.
  • Contribue au bien-être mental [2] par le travail de l’intention et de la respiration.
  • Renforce les capacités musculaires, cardiovasculaires et aérobiques [3]
  • Il peut aussi avoir des indications cliniques pour des personnes atteintes de la maladie de Parkinson, Alzheimer, de rhumatismes, de diabète… [3] bref, quitte à paraître cliché, « ça ne peut pas faire de tort ».

C’est d’ailleurs une chose de bien avec le tai chi, c’est qu’il n’y a généralement aucune contre-indication et que cela va constituer l’équivalent d’une activité physique qui peut être soit modérée (l’équivalent d’une marche à pied) ou intense selon le choix du pratiquant.

Et le « qi » dans tout ça ?

Si vous connaissez un peu le tai chi, on va aura certainement parlé du « qi » ou du « chi » qui circule dans votre corps. Pratiquer aurait pour effet de permettre de cultiver et faire circuler ce chi.

Evidemment, cela s’inscrit dans une approche propre à la médecine chinoise, ce qui peut sembler assez obscur si vous êtes plutôt du genre cartésien ;-). De manière générale dans mon approche, c’est de rester pragmatique et ne pas se faire trop d’idées sur le « qi » ou parfois ce qu’on appelle un peu rapidement « l’énergie ». Une façon simple de se représenter le « qi » est de penser à la circulation du sang et à la respiration. Mobiliser son corps, assouplir les articulations, prendre le temps de se poser et de se libérer des tensions, respirer profondément, atténuer le stress… Il est important de sortir d’une approche simplement « mécanique » où il s’agit « juste » de se muscler ou s’étirer. L’humain est complexe et le tai chi permet justement de nous mobiliser de manière holistique.

Stress et tai chi

Si on prend le stress par exemple, celui-ci est pris en charge en tai chi par différentes portes :

  • La dimension physique : bien souvent le stress va venir nous impacter physiquement en crispant nos muscles. La pratique des mouvements du tai chi permet de retrouver de la souplesse et de relâcher les muscles en douceur. La respiration abdominale, profonde et naturelle va également jouer un rôle important pour réguler ce stress.
  • La dimension mentale : déstresser, cela commence par une prise de conscience. Le travail de l’intention permet justement de reprogrammer notre neurophysiologie et stimuler notre système parasympathique.
  • La dimension relationnelle : on ne se stresse pas soi-même. Il y a souvent des causes externes. Le tai chi propose une approche non conflictuelle de la relation à l’autre qui permet de se respecter soi-même sans se laisser envahir… ce qui m’amène au point suivant.

La relation à l’autre

Une grande différence entre le tai chi et le qi gong ou le yoga, c’est qu’il s’agit d’un art martial. Et qui dit art art martial dit adversaire, ou plutôt dans ce cas-ci, partenaire. C’est là qu’apparaît la dimension presque philosophique du tai chi, qui prend ses sources dans le taoïsme.

On parle parfois de « joueurs » de tai chi. Pratiquer avec un partenaire, à travers des exercices comme la poussée des mains ou la forme avec partenaire (san shou) est une merveilleuse opportunité de s’ouvrir à l’autre, de « tester » ses capacités, dans un cadre détendu. En effet, contrairement à beaucoup de pratiques martiales qui sont assez axées sur la confrontation, la pratique du tai chi vise surtout à utiliser la sensibilité du partenaire comme une occasion de progresser dans sa propre pratique, de mieux se comprendre, voir ce qui marche ou ce qui ne marche pas.

Bien entendu, pour ceux qui le souhaitent, rien n’empêche d’utiliser également le tai chi comme un art martial efficace mais peu d’écoles pratiquent réellement cette dimension de combat « réel ». Les compétitions se limitent à la forme (qui est alors jugée sur sa performance) ou à la poussée des mains (il s’agit alors de voir qui arrive à faire sortir l’autre d’un cercle… mais c’est contre l’idée traditionnelle de la poussée des mains qui est un exercice, pas une fin en soi).

Pour ma part, pourquoi je fais du tai chi ?

Au delà des aspects décrits dans cette article, voici les raisons qui me poussent à pratiquer. J’ai toujours été séduit par la philosophie taoïste, naturelle et pleine de « bon sens ». Mais je ne voulais pas que cette philosophie reste lettres mortes. De plus, l’idée de pouvoir pratiquer tout au long de ma vie cet art, chaque jour le peaufiner un peu plus, est pour moi particulièrement séduisante.

J’aime le travail sur deux pieds, le fait de bouger tout en méditant. Améliorer ma posture alors que mon travail de bureau produit malheureusement tout l’inverse. Catalyser autour de ma pratique ce que je lis autour de la marche naturelle, les fascias, la méditation… Et puis, aussi, avouons le : pratiquer des formes aux armes, car j’ai toujours eu une âme de chevalier quelque part au fond de moi qui n’a jamais pu être assouvie 😉

Et vous quelles sont vos raisons de pratiquer ?

Références citées dans cet article

[1] Huang ZG, Feng YH, Li YH, Lv CS. Systematic review and meta-analysis: Tai Chi for preventing falls in older adults. BMJ Open. 2017;7(2):e013661. Published 2017 Feb 6. doi:10.1136/bmjopen-2016-013661

[2] Wang F, Lee EK, Wu T, et al. The effects of tai chi on depression, anxiety, and psychological well-being: a systematic review and meta-analysis. Int J Behav Med. 2014;21(4):605-617. doi:10.1007/s12529-013-9351-9

[3] Tai Chi Chuan: State of the Art in International Research: Vol 52 (Medicine & Sport Science). J Sports Sci Med. 2008;7(3):422. Published 2008 Sep 1.

4 réponses sur « Pourquoi faire du tai chi ? »

Bonjour,
Merci pour vos articles clairs et généreux. J’ai 51 ans, je médite env 3h /jours je souhaiterais élargir mon horizon dans ce domaine. Malheureusement suite à un accident de voiture je suis limité dans mes possibilités physiques. Auriez vous la gentillesse de m’informer quelle sont les contres indications du Taichi ou du moins les difficultés que je risque de rencontrer ???? Un grand merci d’avance

Bonjour Marco,
C’est génial de méditer 3h par jour ! Cela doit déjà t’apporter énormément. Il n’y a quasiment aucune contre-indication à la pratique du tai chi, c’est une pratique qui a les mêmes pré-requis que la marche à pied. Et même pour les personnes qui n’ont plus la mobilité nécessaire au niveau des jambes, il est possible de faire du tai chi assis ou en chaise roulante. C’est un sujet sur lequel je me suis penché récemment d’ailleurs pour voir comment adapter la forme de tai chi lorsque l’on est assis, c’est plutôt intéressant !

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