Les formes simplifiées de Tai Chi

Les formes simplifiées de Tai Chi

Dans le style Yang traditionnel, la forme à laquelle on fait généralement référence est la forme longue telle que popularisée par Yang Cheng Fu. Cette forme compte 108 mouvements (plus ou moins, selon la façon de compter) et met à peu près 20 minutes à être pratiquée dans son intégralité.

Mais il existe aussi une myriade de forme plus courtes. La plus connue, celle de Pékin (24 mouvements) n’est d’ailleurs pas la plus courte d’entre-elles. Alors, pour quelles raisons « raccourcir la forme » ? Et surtout, quelle forme pratiquer ?

Les formes courtes pour des raisons médicales

Très souvent dans la littérature médicale autour du tai chi, les formes qui sont prises en considération sont des formes simplifiées (entre 8 et 12 mouvements en général), souvent inspirées du style Yang. Le raisonnement derrière ces formes raccourcies et simplifiées est simple : une personne qui doit pratiquer le tai chi pour des raisons médicales n’a pas nécessairement le temps, l’envie ou la capacité de se lancer dans une pratique « complète ».

bon, si vous suivez les cours avec moi, vous ne ferez pas la forme comme ça, vous êtes prévenus….

Malgré tout, ce serait dommage de se priver des bienfaits du tai chi : d’où l’existence des ces formes très simples à exécuter et à retenir. Ce sont d’ailleurs souvent ces formes qui sont étudiées lorsque l’on essaye d’évaluer les bienfaits du tai chi (et à mon sens, cela ne livre donc qu’une vision très approximative de la réalité).

Qu’en penser? Je crois que pour une personne qui s’intéresse au tai chi d’un point de vue médical et qui n’a pas particulièrement l’intention de se lancer dans un apprentissage complet, les formes simplifiées ont beaucoup d’intérêt. Les aspects essentiels seront bien présents et permettent de facilement travailler des principes de posture et d’alignement. L’objectif est d’offrir un exercice facile, accessible à tous, sans danger.

Les formes courtes conçues par les Maîtres du style Yang

Dans mon parcours, j’ai été confronté aussi à des formes courtes élaborées par les maîtres que j’ai eu l’occasion de rencontrer. La première forme « courte » que j’ai rencontré est la forme courte élaborée par John Ding. Si vous le ne saviez pas, John Ding est le premier disciple de Ip Tai Tak, lui même premier disciple de Yang Shou Zhong.

Il a écrit un livre « 15 minutes tai chi ». C’est vrai que dans notre société moderne, il n’est pas toujours facile de « caser » de long heures de pratique. Donc finalement, proposer une forme plus courte peut sembler initialement correspondre à un besoin. Cette forme est composée pour l’essentiel de la 1ère section de la forme longue, avec l’ajout des coups des pieds (un excellent exercice d’équilibre).

Vincent Chu (le fils de Chu Gin Soon) a également élaboré de nombreuses formes courtes (8, 12 ou 22 mouvements). Il a donné de nombreux cours à des personnes âgées et estime qu’il vaut mieux consacrer son temps à pratiquer la forme plutôt qu’à apprendre des mouvements, ce avec quoi je suis tout à fait d’accord.

Non, la forme ne permet pas de flotter au dessus des montagnes contrairement à ce que l’on peut penser

Mais finalement, à quoi ça sert?

Ce que je ne comprends pas avec ces « formes courtes », c’est qu’elles semblent sous entendre que lorsqu’on pratique une forme longue, on est obligé de la pratiquer en entier. Ce qui n’est évidemment pas vrai !

Il m’arrive régulièrement de ne pratiquer que la 1ère section (16 mouvements). Ou juste la séquence « saisir la queue de l’oiseau ». Ou ne répéter en boucle que certains mouvements pour se conditionner et affiner ma précision.

Alors à quoi bon apprendre une forme « courte », alors que vous pouvez en apprendre une « longue » qui est modulable à souhait? Que vous pouvez apprendre à votre rythme? La progression dans l’apprentissage de la forme est très bien conçu:

  • la première section introduit les concepts de base : le pas de tai chi, les principaux mouvements de bras, les changements de direction
  • la deuxième section introduit des pas plus difficiles et les coups de pieds qui requièrent un meilleur équilibre et des jambes plus robustes
  • la troisième section quant à elle contient les mouvements les plus complexes techniquement (fouets accroupis… alias le « serpent qui rampe »), coup de pied balayé…

Pour ma part, je considère qu’en enseignant la forme longue de manière flexible et non dogmatique, chacun peut se constituer son propre petit répertoire de mouvements et de séquences courtes, en fonction de ses envies et ses besoins. Et vous, qu’en pensez-vous?

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