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Santé Tai Chi

Lecture d’Anatomy Trains – extraits choisis

Au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué, je suis un grand fan de Tom Myers et de son ouvrage Anatomy Trains. Ce livre ouvre une perspective très enrichissante sur la façon de comprendre le corps dans son unité et offre une réelle approche systémique qui permet de comprendre comment une partie peut influencer le tout.

J’avais déjà eu le plaisir de lire la 3ème édition de ce livre, mais j’ai récemment mis la main sur la 4ème édition… du coup je reparcoure ce livre avec plaisir. Extraits choisis, traduits par mes soins.

Dans la 3ème édition, c’était un homme sur la couverture. Les adeptes de la parité seront donc ravis !

C’est quoi les fascias ?

En termes simples, le fascia est le tissu du corps qui maintient ensemble nos billions de cellules humides et grasses. Il s’agit essentiellement de ce que l’on appelait autrefois les « tendons », et il forme un réseau unitaire, résistant et fibreux que l’on trouve partout dans le corps.

Anatomy Trains, Tom Myers, p.20

En bref, c’est tout ce qui n’est pas nos os, muscles et organes. La mention des « tendons » est intéressante en relation avec le tai chi car c’est justement eux qui sont ciblés par des pratiques comme les Yi Jin Jing (la méthode de transformation des tendons).

L’importance des fascias

Le fascia n’est pas inerte, il joue un rôle régulateur aussi important que les systèmes nerveux et circulatoire, avec des implications profondes pour le sport, la rééducation, l’éducation physique et, ce qui est important pour ceux d’entre nous qui ont des cheveux blancs, pour vieillir avec grâce. La grande majorité du public, et même la plupart des thérapeutes et des entraîneurs, fondent encore leur réflexion sur l’idée limitée qu’il existe des muscles individuels qui s’attachent aux os qui nous déplacent par un effet de levier mécanique. Le terme même « système musculosquelettique » ne tient pas compte du complexe de tissus à travers lesquels les muscles et les os sont tissés ensemble – la tissu fascial.

Anatomy Trains, Tom Myers, p.19

Dans les classiques, on dit ceci « si une partie bouge, toutes les parties bougent, et si une partie est immobile, toutes les parties sont immobiles. ». Initialement, j’avais pensé qu’il s’agissait là d’une instruction pour la pratique, mais avec le temps, je me demande si ce n’est pas simplement une description de ce qui se passe dans le corps. Comprendre l’existence des fascias, c’est s’ouvrir à la perspective que notre corps forme un tout connecté et que le mouvement doit s’envisager dans son unité. C’est particulièrement éclairant pour des mouvements comme les mouvements de type « pousser » où l’on pourrait croire, à tort, qu’il s’agit simplement d’utiliser ses bras pour repousser l’adversaire, alors qu’un pratiquant expérimenté sait bien que les bras ne sont que l’expression finale du mouvement.

Et les méridiens dans tout ça ?

Le mot « méridien » est souvent utilisé dans le contexte des lignes de transmission énergétique dans le domaine de l’acupuncture. Qu’il n’y ait pas de confusion : les lignes méridiennes myofasciales ne sont pas des méridiens d’acupuncture, mais des lignes de traction basées sur l’anatomie occidentale standard, des lignes qui transmettent la tension et le recul élastique, facilitant le mouvement et assurant la stabilité à travers le myofascia du corps autour du squelette. Elles ont clairement un certain chevauchement avec les méridiens d’acupuncture, mais les deux ne sont pas équivalents.

Anatomy Trains, Tom Myers, p.24

Le tai chi étant fortement lié au qi gong et à la médecine chinoise, ce n’est pas rare de voir des parallèles ou des explications liées aux méridiens. Peut-être suis-je un peu trop rationnel, mais jusqu’à présent, je n’ai pas constaté dans ma pratique de réelles implications pratiques des méridiens. Bien entendu, je pense que tout le monde souscrive à l’idée que « l’énergie doit circuler librement, qu’il faut supprimer les blocages », mais concrètement, cela invite surtout à se détendre. Pour ma part, je trouve ça plus utile de sentir et travailler des lignes de tractions.

Ni trop, ni trop peu

Un mouvement trop important dans les couches profondes correspond à un ligament « laxiste ». Trop peu d’élasticité dans le tissu permet la blessure par rigidité ou immobilité, réduisant la capacité du corps à s’ajuster de manière résiliente dans le mouvement.

Anatomy Trains, Tom Myers, p.35

On pourrait croire que, par exemple, en poussée des mains le travail consiste à apprendre des « techniques », mais il s’agit surtout d’éduquer le corps de réagir d’une certaine manière. Ce travail implique un juste niveau de tension/relâchement, de la souplesse sans être mou, et de la structure sans être rigide. Ce travail s’effectue à différents niveaux, tant physique que mental, et se déroule notamment au niveau des fascias.


Et bien voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! Si vous voulez d’autres extraits de ma lecture n’hésitez pas à laisser un commentaire 😉

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