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Tai Chi

Bouger à partir du centre

On dit souvent qu’en tai chi, il faut bouger « à partir du dan tian » et « faire circuler le chi ». Pour beaucoup de débutants, il s’agit là d’un jargon difficile à comprendre. C’est quoi le centre, le dan tian ? Comment ressent-on le chi ? Et plus concrètement, comment bouger à partir du centre (dan tian) ou faire circuler le chi ?

Un petit détour par les classiques du tai chi chuan

Si on lit les classiques du tai chi, on ne parle pas vraiment de centre ou de dan tian ou de centre. Oui, on dit qu’il faut « être centré ». Mais surtout, on dit qu’il faut prêter attention à la taille.

[…] A chaque instant, faites attention à votre taille. […] La puissance part de votre talon, est dirigée par votre taille et s’exprime au niveau de vos doigts, en partant de votre colonne vertébrale. Il est crucial que les changements qui se fassent à l’intérieur de votre poitrine et de votre taille ne se produisent pas de manière externe. La force est empruntée à l’adversaire. […] Comment l’énergie peut-elle provenir de votre colonne vertébrale ? Elle descend vers le bas, part de vos épaules, se rassemble dans votre colonne vertébrale et se concentre dans votre taille. Cette énergie qui va du haut vers le bas est appelée « contraction ». Ensuite, elle va de votre taille à votre colonne vertébrale, se répand dans vos bras pour être appliquée à vos doigts. Cette énergie qui va du bas vers le haut est appelée « expansion ». Se contracter, c’est rassembler. S’étirer, c’est relâcher.

Les classiques du tai chi

Mais on parle aussi d’énergie là-dedans, non ? Elle « se rassemble », « se contracte » et entre « en expansion »… ce n’est pas rien tout de même ! Mais à vrai dire, ce n’est pas si important. Qu’importe en réalité ce qui se passe à l’intérieur du corps (que ce soit vos muscles, vos tendons, vos fascias ou, qui sait, encore autre chose), tant que cela se produit et que cela se fasse en accord avec les principes. Les classiques sont d’ailleurs assez clairs là-dessus :

Si vous êtes obsédé par l’énergie, il n’y aura pas de puissance, alors que si vous ignorez l’énergie et que vous la nourrissez, il y aura une force pure. L’énergie est comme une roue. La taille est comme un essieu.

Les classiques du tai chi

Note : encore faut-il savoir comment nourrir l’énergie tout en l’ignorant… mais c’est un autre débat j’imagine. Ou alors c’est juste la traduction qui ne veut pas dire grand-chose 🙂

Attention aux raccourcis : la taille et le bassin

Pour beaucoup de pratiquants, travailler à partir du centre consiste à utiliser le bassin. Et si ce travail est très important, après tout, le bassin connecte vos jambes et votre tronc, il y a une différence entre le bassin et la taille. Il serait tentant de simplifier à outrance et de simplement pivoter le tronc à partir du bassin, mais ce serait rater une partie du travail.

La taille, quant à elle, dispose de pas mal de flexibilité et est une zone centrale pour transmettre la force (dans les classiques, on parle de « diriger la force avec la taille et exprimer avec les doigts ») des jambes/bassin vers le haut torse/épaules/bras. C’est pourquoi on la considère souvent comme étant « au centre ». J’aime bien prendre l’exemple des fascias, bien que ce ne soit pas le seul élément d’anatomie à prendre en compte (finalement, les muscles obliques, transverses, grands droits et autres ont aussi leur importance) et de voir la quantité de chaînes différentes qui traversent cette zone :

animation fascia
Schémas en provenance d’Anatomy Trains, © Tom Myers

« Travailler à partir du centre » signifie souvent travailler avec une paire de dynamiques : comprimer devant pour étirer derrière, par exemple, le centre étant « le point fixe » entre ces deux dynamiques (yin-yang) opposées et complémentaires. Gardons à l’esprit que les fascias ne « bougent » pas tant que ça (heureusement) mais ils peuvent néanmoins transmettre la force d’une partie à l’autre du corps.

Trouver son exercice favori

Bien que l’on travaille évidemment de cette façon dans l’ensemble de la forme, l’idéal est d’entraîner ce type de dynamique avec des mouvements spécifiques. C’est un de objectifs des pratiques comme « enrouler le fil de soie (silk reeling) » en style chen ou de shili en Yi Quan. Pour ma part, je trouve que le mouvement des « mains nuages » ou même simplement du parer (à gauche et à droite) fonctionne très bien.

Et voilà, c’est tout pour cet article. Désolé, après l’avoir relu plusieurs fois, je me rends compte que cela peut être un peu confus malgré tout, mais si vous avez des questions n’hésitez pas à les mettre en commentaire :-D.

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