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Chung Chuan, la forme rapide du Tai Chi

Cela fait à présent quelques mois que je m’entraîne sur la 1ère section de la forme rapide du style Yang, aussi connue sous le nom du Chung Chuan. C’est une fameuse étape à acquérir dans sa pratique, pour qui recherche les subtilités du style Yang authentique. Après des centaines de répétitions, je mesure à quel point le chemin est encore long pour pratiquer cette forme avec qualité. Mon maître dit que cela met entre 2 et 5 ans pour la pratiquer correctement, j’ai encore du temps devant moi 😉

Plutôt que vous livrer mon impression sur cette forme, je vous propose une traduction (personnelle, elle ne se veut pas littérale) de l’article de Vincent Chu sur cette forme.

Tai Chi Chung Chuan

La Tai Chi Chung Chuan (forme rapide) est une forme avancée dans la pratique du Tai Chi Chuan. Elle est considérée comme telle sur la base de sa valeur, de son objectif et de sa fonction dans la perspective des arts martiaux.

Elle partage une philosophie similaire à celle de la forme longue du Tai Chi Chuan. Dans la forme rapide, la philosophie Yin/Yang est interprétée par des mouvements rapides et lents, et durs et doux.

  • Lorsque les mouvements sont lents, la douceur exprime ou interprète le concept de cercle. La circulation du qi a pour fonction d’acheminer le qi et les nutriments dans tout le corps.
  • Lorsque les mouvements sont rapides, la dureté exprime ou interprète le concept de carré. C’est la fonction de délivrance de la puissance. Cette dureté n’implique aucune puissance physique mais résulte de l’accélération des mouvements qui suivent en ligne droite. Bien que la vitesse de certains des mouvements soit rapide et puissante, ils suivent toujours le principe de « l’application de l’intention et non de la puissance physique » tel que décrit dans les classiques du Tai Chi Chuan : « Travaille d’abord sur la composante souple. Plus tard, travaille sur la composante dure ».

Une forme martiale

La forme rapide permet au praticien de devenir un artiste martial et non pas simplement à améliorer sa santé. Il y a beaucoup de mouvements puissants, rapides dans la forme, ainsi que des sauts. Les ingrédients de base impliquant la confrontation martiale. En raison de cette nature, certaines personnes l’ont appelée « forme martiale » et c’est pour ces raisons que la forme rapide a été gardé secrète pendant des générations. Par conséquent, de nombreuses personnes ont entendu parler de ce nom mais n’ont jamais eu l’occasion d’en être témoins.

Dans la forme rapide, les mouvements ne sont pas initiés par la taille comme dans la forme longue mais par les mains (note personnelle: cela me fait penser à ce qui se dit en style chen sur la forme des poings canons « er lu » : les mains emmènent le corps… bon la comparaison s’arrête là car vraiment dans l’exécution il n’y a pas de similitudes). Ce sont les mains qui dirigent et dictent la vitesse du mouvement. Lorsque les mains bougent, le corps suit et lorsque plus de puissance s’applique aux mains, la vitesse du mouvement sera plus rapide. La forme n’est pas exécutée au même rythme que dans la forme longue.

Bien que le mouvement soit rapide, il est bien relié et il y a donc une continuité. L’exécution de cette caractéristique est alimentée par la puissance interne (et non par la puissance physique) et le corps se détend pour ralentir après chaque mouvement rapide. Un lecteur peut se demander comment, sans pouvoir physique, comment émettre un pouvoir interne ? Cela semble être une contradiction. Aucune puissance physique se réfère à la relaxation du corps de sorte que toutes les articulations se rejoignent de façon lâche. Lorsque le corps bouge, il fonctionne comme un fouet. La puissance émise par ce mécanisme est appelée puissance interne.

Différentes formes rapides

Voilà, c’est tout pour l’article de Vincent Chu. Du coup, vous êtes peut-être curieux de voir à quoi ressemble cette fameuse « forme rapide » et vous allez faire une recherche sur Youtube… figurez-vous qu’aucune présente sur le web ne ressemble à celle pratiquée par mon maître (et donc, à celle transmise au sein de la lignée de Yang Shou Zhong).

Je pense que c’est dû en partie au fait que beaucoup de personnes « inventent » des formes rapides, ou se contentent de mettre des accélérations dans leur forme habituelle. Ce n’est pas du tout l’idée de la forme rapide, qui implique des changements dans la façon d’exécuter les mouvements, il ne s’agit pas juste de faire certains mouvements « en accéléré » (ce serait trop simple 😉 ). Aussi, la forme rapide est apparemment une forme qui était encore en fluctuation à l’époque de Yang Cheng Fu. Son rôle était complémentaire à celui de la forme longue et servait à pratiquer les aspects plus martiaux des formes originales pratiquées par Yang Lu Chan et ses fils. Et puis, il y a aussi des personnes qui n ‘ont eu qu’une transmission partielle, et qui ont inventé la suite… ou qui s’inspirent du style chen.

Comment reconnaître la forme rapide? C’est très simple : celle-ci doit suivre la même structure que la forme longue, mais introduit une séquence différente et des mouvements spécifiques, particulièrement pour les mouvements rapides. Par contre, toute une série de mouvements sont faits à l’identique (par exemple, tirer, presser et pousser).

Ne vous y trompez pas, il y a une grande différence entre une « forme faite rapidement » et la « forme rapide ».

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