Les armes en tai chi constituent une partie importante de l’apprentissage. Très souvent enseignées après la forme à mains nues, elles permettent d’approfondir certains aspects de la pratique. J’ai récemment ouvert ma formation sur les 3 armes de base du tai chi: le bâton, le sabre et l’épée.
L’intérêt des formes aux armes en tai chi
Chaque arme permet de développer un aspect spécifique de la pratique.
Le bâton
Le bâton est une arme élémentaire qui est facile à obtenir et qui offre une relative sécurité grâce à son allonge. C’est l’arme par excellence pour développer la coordination et le lien entre les deux mains, ainsi qu’entraîner la force interne. Des mouvements comme le « brosser du genou » prennent une autre dimension à partir du moment où l’on comprend le lien entre les deux mains et la connexion qui se fait à travers le tronc.
Les formes au bâton sont généralement assez courtes, car elles sont généralement des versions raccourcies des formes à la lance ou à la hallebarde qui comporte des mouvements additionnels. Le bâton offre également quelques exercices avec partenaires, ce qui n’est pas si courant en matière de formes aux armes qui se pratiquent régulièrement en solo.
Le sabre
Le sabre est une épée légèrement courbe, avec un seul tranchant. La forme est exécutée avec vitesse en utilisant de nombreux mouvements qui tranchent et taillent. Pour ceux qui n’ont travaillé qu’avec la lenteur de la forme longue, c’est souvent une véritable découverte de travailler avec ce niveau de vivacité. C’est d’ailleurs un bon entraînement pour démarrer la forme rapide.
Petite note amusante, la forme au sabre démarre sur les derniers mouvements de la forme longue, et constitue donc une sorte de « suite logique ».
L’épée
Et enfin vient l’épée. Bien que ce soit souvent l’arme la plus mise en avant, c’est aussi celle qui, à mon sens, mérite d’être apprise en dernier. En effet, le bâton et le sabre apportent pour moi un bénéfice plus concret, grâce aux nouvelles dynamiques qu’ils introduisent.
La forme à l’épée est aussi généralement assez longue, donc pour les élèves, c’est souvent une difficulté d’apprentissage supplémentaire. A part cela, l’épée est une forme très belle, et ses mouvements aux noms très imagés (le phénix étend son aile, le rhinocéros regarde la lune…) travaillent souvent plus « loin » que la forme à mains nues (attaque haute sur une jambe, etc.).
Une spécificité de la forme à l’épée est l’utilisation d’une posture particulière pour la main vide. Au-delà de l‘intention supplémentaire qui apporte un certain équilibre à la posture, cette main vide agit aussi comme un rappel que la main peut en réalité tenir un autre objet (le fourreau de l’épée par exemple).

Et l’éventail dans tout ça ?
Cet article ne serait pas complet si je ne touchais pas un mot sur l’éventail. En effet, nous voyons souvent ces formes de tai chi à l’éventail qui sont très élégantes, et il n’y a évidemment aucun mal à les pratiquer. Par contre, il faut garder à l’esprit que ces formes ne sont pas traditionnelles.
En effet, les maîtres du style Yang pratiquaient exclusivement les armes « classiques ». Et en y réfléchissant un peu, je pense qu’on imagine tous très mal Yang Cheng Fu avec un éventail….

Si le travail des formes aux armes vous intéresse, ma formation sur les armes du tai chi (bâton, sabre, épée) est dès à présent disponible !


3 réponses sur « Apprendre les formes aux armes »
Bonjour. Vous semblez trouver des vidéos rares et intéressantes et, ayant des vidéos de la forme courte du bâton du style de chu gin soon mais souhaitant connaître la forme longue du bâton (ou de la lance ou de la hallebarde puisqu’il semble que parfois ce soit des formes similaires), je voudrais savoir si vous en connaissez dans un style hérité de celui de yang sau chung ou sinon de yang cheng fu. En vous remerciant par avance. Cordialement.
Ah oui la hallebarde c’est un sujet très mystérieux dans le style yang…
Vincent Chu a publié un article qui en parle:
https://www.facebook.com/groups/1420719721579267/posts/3084678075183415/
Selon Yang Sau Chung, la hallebarde n’est transmise qu’au sein de la famille, ce qui explique que peu la connaissent (à mes yeux, encore une brillante idée pour se tirer une balle dans le pied en matière de transmission du savoir).
J’en ai discuté avec une fois avec Sean Tseng (dont je parle aussi sur le blog) et il y a visiblement quelques livres aussi qui existent (en chinois, jamais trouvé la référence sur internet). Ce serait sans doute la meilleure piste à défaut d’avoir une personne qui la connaît. Conceptuellement, on doit rester sur quelque chose d’assez proche du bâton, même si l’article de Vincent Chu semble suggérer aussi une plus grande dynamique, peut-être finalement un peu comme ce qu’on retrouve dans le sabre.
Sinon la plupart des formes qu’on trouve souvent sont du style chen plus ou moins inspirées de ceci
https://brennantranslation.wordpress.com/2026/01/26/spring-autumn-halberd/
(en tout cas, on retrouve certains mouvements assez typiques)
Ok merci pour votre réponse. Si j’avais lu que les formes longues du bâton proviennent des formes de la lance ou de la hallebarde, je ne savais par contre pas que la lance ou la hallebarde ont des formes qui diffèrent. Si lors de vos recherches vous trouvez des formes longues du bâton issues des élèves de yang sau chung, idéalement celle de Maître Chu King Hung dont je n’ai que quelques passages, merci de me l’indiquer. Cordialement.